Enregistré en pur DSD, chose de plus en plus rare aujourd’hui pour être soulignée, ce double SACD met en lumière le Quatuor Seikilos, fondé en 2011 au sein de l’Orchestre national des jeunes d’Espagne (JONDE) avec Iván Gornemann et Pablo Quintanilla (violons), Adrián Vázquez (alto) et Lorenzo Meseguer (violoncelle). « Les quatre musiciens se sont rencontrés au Conservatoire royal de musique de Madrid et ont ensuite terminé leurs études dans des institutions européennes prestigieuses telles que la Musikhochschule de Düsseldorf, l’Université Mozarteum de Salzbourg, la Hochschule für Musik und Theater Leipzig, ainsi que l’École de musique Reina Sofía. Le groupe a repris ses activités en 2018 avec une vocation claire à explorer un répertoire varié, consacrant une partie de son œuvre à la redécouverte de la musique espagnole du XXe siècle. Son nom, Seikilos, fait référence à la célèbre épitaphe musicale grecque antique, considérée comme la plus ancienne pièce musicale complète connue — un emblème de l’intérêt du quatuor pour la pérennité de l’art à travers le temps. » Le programme réunit les compositeurs Fernando Remacha (1898 1984), dont le « Quatuor à cordes » (1925), en trois mouvements, mêle vigueur rythmique et intériorité méditative ; María de Pablos (1904 1990), pionnière de la modernité espagnole, représentée par sa « Sonate Romantique pour quatuor à cordes » (1929), fresque narrative à l’harmonie audacieuse ; Salvador Bacarisse (1898 1963), avec le « Quatuor à cordes n°1 » Op.10a (1930) d’élégance néoclassique ; José Muñoz Molleda (1905 1988), et son « Quatuor à cordes N°1 » (1934) aux contrastes dramatiques affirmés ; Jesús García Leoz (1904 1953), dont le « Quatuor à cordes N°1 » (c.1936) révèle un lyrisme direct et une grande finesse contrapuntique ; Ángel Martín Pompey (1902 2001) et son « Quatuor à cordes » en quatre mouvements, datant de 1957 ; et enfin Julián Bautista (1901 1961), dont le « Quatuor à cordes » n°3 (1958) témoigne d’une maturité structurelle remarquable. Porté par une prise de son d’une transparence exemplaire et par une interprétation qui conjugue précision technique, sens des couleurs et compréhension profonde des idiomes esthétiques de l’époque, ce double album s’impose comme une contribution majeure à la redécouverte de l’école madrilène et confirme le Quatuor Seilikos comme l’un des ensembles les plus engagés dans la mise en lumière de ce pan essentiel de la musique espagnole du XXᵉ siècle.
Jean-Jacques Millo Recorded in pure DSD—a rarity these days that is worth noting—this double SACD showcases the Seikilos Quartet, founded in 2011 within the Spanish National Youth Orchestra (JONDE) with Iván Gornemann and Pablo Quintanilla (violins), Adrián Vázquez (viola), and Lorenzo Meseguer (cello). “The four musicians met at the Royal Conservatory of Music in Madrid and went on to complete their studies at prestigious European institutions such as the Musikhochschule in Düsseldorf, the Mozarteum University in Salzburg, the Hochschule für Musik und Theater Leipzig, and the Reina Sofía School of Music. The group resumed its activities in 2018 with a clear commitment to exploring a varied repertoire, dedicating part of its work to the rediscovery of 20th-century Spanish music. Its name, Seikilos, refers to the famous ancient Greek musical epitaph, considered the oldest known complete musical piece—a symbol of the quartet’s interest in the enduring nature of art through time. The program brings together the composers Fernando Remacha (1898–1984), whose three-movement “String Quartet” (1925) blends rhythmic vigor with meditative introspection; María de Pablos (1904–1990), a pioneer of Spanish modernism, represented by her “Romantic Sonata for String Quartet” (1929), a narrative fresco with daring harmony; Salvador Bacarisse (1898–1963), with the “String Quartet No. 1,” Op. 10a (1930), of neoclassical elegance; José Muñoz Molleda (1905–1988), and his “String Quartet No. 1” (1934), with its pronounced dramatic contrasts; Jesús García Leoz (1904–1953), whose “String Quartet No. 1” (c. 1936) reveals direct lyricism and great contrapuntal finesse; Ángel Martín Pompey (1902–2001) and his four-movement “String Quartet” from 1957; and finally Julián Bautista (1901–1961), whose “String Quartet No. 3” (1958) demonstrates remarkable structural maturity. Supported by sound recording of exemplary clarity and a performance that combines technical precision, a sense of color, and a deep understanding of the aesthetic idioms of the era, this double album stands as a major contribution to the rediscovery of the Madrid school and confirms the Seilikos Quartet as one of the ensembles most committed to bringing this essential facet of 20th-century Spanish music to light. Translation Lawrence Schulman |