Opus Haute Définition e-magazine

Hymn To The Stars

Œuvres pour Orgue de Widor. Vierne. Karg-Elert. Berwald. Holst

Martin Bambauer (orgue)

Aeolus AE 11531, Socadisc Distribution

Super Audio CD hybride stéréo/multicanal

Le SACD s’ouvre sur « Marche du veilleur de nuit » extraite de Bach’s Memento de « Charles-Marie Widor » (1844-1937), choix symbolique qui prépare admirablement l’auditeur au voyage cosmique, idée directrice de l’album. Sigfrid Karg-Elert (1877-1933) est ici un choix pertinent par son langage situé à la frontière du romantisme tardif, de l’impressionnisme et d’une écriture organistique extrêmement raffinée. Avec Louis Vierne (1870-1937) et ses « Pièces de Fantaisie » (Étoile du soir, Clair de lune et Hymne au Soleil) nous sommes plongés dans la pénombre rêveuse, la lumière lunaire et l’éclat solaire, probablement le cœur poétique de l’album. L’un des moments les plus originaux est ensuite fourni par l’extrait de la « Symphonie singulière » de Franz Berwald (1796-1868), dans une transcription signée par Martin Bambauer lui-même. Mais c’est avec Gustav Holst (1874-1934) que l’ambition spectaculaire de « Hymn to the Stars » atteint son sommet, avec Mars, Venus et Jupiter, trois extraits des Planètes, dans les célèbres adaptations pour orgue d’Arthur Wills, transforment la basilique en véritable vaisseau sonore, depuis la violence implacable de Mars jusqu’à la sérénité lumineuse de Venus et l’exubérance rayonnante de Jupiter. Le grand orgue symphonique Eule construit en 2014 (Konstantin Basilika, Trier), instrument à quatre claviers et 87 jeux dont les dimensions et les possibilités de couleurs semblent avoir été pensées pour une telle entreprise, délivre, sous les doigts de l’organiste, une palette de couleurs subtiles où la virtuosité domine les puissances d’un instrument hors normes sans jamais sacrifier la lisibilité musicale. Un SACD admirable, tout simplement

Jean-Jacques Millo

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