Opus Haute Définition e-magazine

Cordes Basques

Œuvres pour Guitare

Arkaïtz Chambonnet (guitare)

Ad Vitam AV 260315, [Integral] Distribution

CD stéréo

Le guitariste Arkaïtz Chambonnet s’est ormé au conservatoire de Maisons-Alfort auprès d’Emmanuel de Hulster, puis auprès de Gérard Abiton à Orléans avant d’intégrer le Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe d’Olivier Chassain. Il développe très tôt une double identité de soliste et de chambriste, couronnée par plusieurs distinctions internationales, parmi lesquelles le premier prix du concours Fernando Sor de Rome et des récompenses au prestigieux concours Francisco Tárrega. Cofondateur du Quatuor Éclisses, Chambonnet s’est imposé au fil des années par la finesse de son jeu et un goût prononcé pour les répertoires rares. Avec l’album « Cordes basques » il livre sans doute son projet le plus personnel, un voyage musical né d’une découverte presque accidentelle, celle de la pièce « Portu Errota » du compositeur basque Antón Larrauri, œuvre qui agit ici comme la matrice secrète de tout le disque. C’est en tombant sur cette page méconnue au début de l’année 2023 que le guitariste entreprend une exploration plus vaste du répertoire lié au Pays basque, mettant au jour des partitions rarement jouées, parfois jamais enregistrées, et dessinant peu à peu un véritable paysage musical basque pour guitare. Cette démarche donne au disque une profondeur singulière. La présence d’Antón Larrauri y est donc fondamentale, non seulement à travers « Tríptico Vasco » et « Portu Errota », mais comme source d’inspiration de l’ensemble du programme. Autour de lui gravitent notamment les figures de Sebastian Iradier avec « La Paloma » et La « Rubia de los Lunares », de José María Jiménez Manjón et son « Aire Vasco Op.19 », d’Isaac Albéniz avec l’inévitable mais admirablement réinventé « Zortziko Op.165 no°6, extrait de la Suite « España », ou encore de Federico Moreno Torroba et ses « Castillos de España ». Arkaïtz Chambonnet réussit à unifier ces compositeurs grâce à une conception sonore d’une remarquable cohérence. Le chant des mélodies domine toujours, les basses restent souples et profondes, les attaques évitent toute sécheresse et les résonances créent une atmosphère contemplative. Là où beaucoup de guitaristes privilégient le pittoresque espagnol ou l’éclat virtuose, notre musicien choisit la demi-teinte, la respiration, la suggestion. Cette retenue expressive donne aux danses populaires une noblesse inattendue et transforme les pages les plus célèbres en véritables évocations poétiques. Rarement un programme consacré au Pays basque aura évité, avec autant d’élégance, les clichés folkloriques. Une réussite majeure.

Jean-Jacques Millo

Guitarist Arkaïtz Chambonnet studied at the Maisons-Alfort Conservatory under Emmanuel de Hulster, then with Gérard Abiton in Orléans, before enrolling at the Paris Conservatoire in Olivier Chassain’s class. He developed a dual identity as a soloist and chamber musician at a very early age, earning several international distinctions, including first prize at the Fernando Sor Competition in Rome and awards at the prestigious Francisco Tárrega Competition. As a co-founder of the Quatuor Éclisses, Chambonnet has established himself over the years through the finesse of his playing and a pronounced taste for rare repertoires. With the album “Cordes basques,” he delivers what is undoubtedly his most personal project, a musical journey born of an almost accidental discovery: the piece “Portu Errota” by Basque composer Antón Larrauri, a work that serves here as the secret matrix of the entire album. It was upon stumbling upon this little-known piece in early 2023 that the guitarist embarked on a broader exploration of the repertoire associated with the Basque Country, unearthing scores rarely performed—and sometimes never recorded—and gradually sketching out a true Basque musical landscape for guitar. This approach lends the album a unique depth. Antón Larrauri’s presence is therefore fundamental, not only through “Tríptico Vasco” and “Portu Errota,” but as the source of inspiration for the entire program. Gravitating around him are notably the figures of Sebastián Iradier with “La Paloma” and “La Rubia de los Lunares,” José María Jiménez Manjón and his “Aire Vasco Op. 19,” Isaac Albéniz with the inevitable yet admirably reinvented “Zortziko Op. 165 No. 6,” from the “España” Suite, and Federico Moreno Torroba with his “Castillos de España.” Arkaïtz Chambonnet succeeds in unifying these composers through a sound design of remarkable coherence. The melodies always take center stage, the bass lines remain supple and deep, the attacks avoid any harshness, and the resonances create a contemplative atmosphere. Where many guitarists favor Spanish color or virtuosic brilliance, our musician chooses subtlety, breathing, and suggestion. This expressive restraint lends the folk dances an unexpected nobility and transforms the most famous pieces into true poetic evocations. Rarely has a program dedicated to the Basque Country avoided folkloric clichés with such elegance. A major success.

Translation Lawrence Schulman

Visuel