Le Quatuor Chiaroscuro, fondé en 2005, affichant aujourd’hui Alina Ibragimova et Charlotte Saluste-Bridoux aux violons, Emile Hörnlund à l’alto et ClaireThirion au violoncelle, poursuit son exploration des répertoires classique et préromantique sur cordes en boyau et archets historiques, une approche saluée pour son intensité expressive et son grain singulier. Les deux premiers quatuors « Razoumovski », composés en 1806 pour le comte Andreas Razumovsky, marquent une rupture décisive dans l’histoire du quatuor à cordes car Ludwig van Beethoven (1770-1827) y déploie une écriture bouleversant les cadres formels hérités de Haydn et Mozart, au point de déconcerter profondément les premiers auditeurs qui y virent une musique « difficile » et démesurée. Le « Quatuor à cordes n°1 » Op.59, en quatre mouvements (Allegro, Allegretto, Adagio, Thème Russe) impose une architecture visionnaire. Le « Quatuor à cordes n°2 » Op.59, en quatre mouvements également (Allegro, Molto Adagio, Allegretto, Finale. Presto) pousse encore plus loin la tension expressive et l’audace harmonique. Dans cette lecture, le Quatuor Chiaroscuro met en lumière la radicalité de ces œuvres en restituant leur énergie brute, leurs contrastes dynamiques et leur densité polyphonique avec une clarté bienvenue, renouant ainsi avec l’esprit d’expérimentation qui fit de ces pages un tournant majeur de la modernité beethovénienne.
Jean-Jacques Millo The Chiaroscuro Quartet, founded in 2005 and currently featuring Alina Ibragimova and Charlotte Saluste-Bridoux on violins, Emile Hörnlund on viola, and Claire Thirion on cello, continues its exploration of the classical and pre-Romantic repertoires on gut strings and period bows, an approach acclaimed for its expressive intensity and unique timbre. The first two “Razumovsky” quartets, composed in 1806 for Count Andreas Razumovsky, mark a decisive break in the history of the string quartet, as Ludwig van Beethoven (1770–1827) employs a compositional style that upends the formal frameworks inherited from Haydn and Mozart, to the point of deeply disconcerting early listeners, who perceived the music as “difficult” and excessive. The “String Quartet No. 1 ,“ Op. 59, in four movements (Allegro, Allegretto, Adagio, Russian Theme), presents a visionary structure. The ”String Quartet No. 2," Op. 59, also in four movements (Allegro, Molto Adagio, Allegretto, Finale. Presto), pushes expressive tension and harmonic audacity even further. In this performance, the Chiaroscuro Quartet highlights the radical nature of these works by rendering their raw energy, dynamic contrasts, and polyphonic density with welcome clarity, thus reconnecting with the spirit of experimentation that made these pieces a major turning point in Beethoven’s modernity. Translation Lawrence Schulman |