Les pianistes franco-belges Fiona et Chiara Alaimo, nées en 1998 et formées à Bruxelles puis à Paris, affiche ici un duo fusionnel, où chacune affirme néanmoins une personnalité artistique singulière. Leur rencontre musicale avec les compositeurs Sharad Goulam et Gabriel Field s’inscrit dans une affinité indéniable. Amis de longue date, ces derniers offrent une écriture coloriste et une dissonance expressive, tout en conservant des trajectoires distinctes qui confèrent à leurs œuvres une complémentarité remarquable. Né en 1991 à Paris, Sharad Goulam compose en autodidacte dès l’âge de huit ans, et dirige à quatorze ans ses premières symphonies, alors parrainé par l’ex-Premier Ministre Monsieur Michel Rocard pour ses études secondaires au Lycée Louis-Le-Grand. Cinq fois diplômé de l’Ecole Normale de Musique de Paris (harmonie, contrepoint, fugue, orchestration, piano) et lauréat d’une bourse d’étude, il s’y forme auprès de Stéphane Delplace, Anthony Girard, Philippe Gantchoula, Jean-Marc Luisada et Caroline Sageman. Gabriel Field, né en 1992, à étudié le piano et le violon avant de suivre le chemin de la composition. Le programme, conçu comme des « dialogues sur la musique pour piano contemporaine », met en lumière la virtuosité enflammée et l’élan thématique de Goulam dans la « Toccata furiosa », « Arabesque » ou le « Prélude V », mais aussi son versant introspectif dans la « Marche » et les « Nocturnes », tandis que Field oppose la douceur intime des « Berceuses » et la clarté du « Péché d’époque » à la gravité ironique de ses « Trois Pièces joyeuses », sans oublier les « Huit Chorals », miniatures contrapuntiques à la richesse harmonique. Libres de choisir les pièces qu’elles interprètent, Fiona et Chiara Alaimo investissent ce répertoire avec une sensibilité propre à chacune, faisant de ce disque une vision où deux tempéraments pianistiques s’épousent en un jeu d’échos, révélant, tout simplement, une image poétique.
Jean-Jacques Millo |