Opus Haute Définition e-magazine

Moondog

Pépites

François Mardirossian (piano)

Ad Vitam AV 260215, [Integral] Distribution

CD stéréo

Dans cette nouveauté discographique, interprétée par le pianiste François Mardirossian, se déploie l’univers singulier de Louis Thomas Hardin (1916–1999), alias Moondog, compositeur américain devenu aveugle à l’âge de seize ans et figure mythique du New York des années 1950–1970, où il errait tel un « Viking de la 6e Avenue » avec son casque à cornes, ses percussions artisanales et une écriture oscillant entre contrepoint rigoureux, minimalisme avant l’heure et pulsation urbaine ; autodidacte, admiré par Stravinsky comme par les jazzmen, Moondog a bâti une œuvre inclassable mêlant canons, ostinatos, rythmes asymétriques et mélodies d’une simplicité désarmante. François Mardirossian, qui poursuit depuis plusieurs années une exploration approfondie de ce répertoire, rassemble ici de véritables « pépites » : miniatures hypnotiques, danses modales, chaconnes et pastorales où l’on retrouve la pureté géométrique et la poésie brute du compositeur, notamment : Autumn Leaves, Snow Flakes, Chaconne in A Minor (Für Fritz), Dance in the Aeolian Mode, Art of the Canon, Book IV: No. 1, Fiesta, Pastorale, Rue Lette, Sea Horse, Elf Dance, Encore, Santa Fe, Caribea, Prelude and Fugue No. 1 in A Minor (Prélude et Fugue), Vercingétorix (Marche funèbre), Bird’s Lament, Petite Valse, Chaconne in C Major, Mazurka, Ma petite (Karine), ou encore Verden 782, High on a Rocky Ledge. Le jeu du pianiste français, d’une grande clarté polyphonique, met en lumière la dimension presque baroque de cette musique tout en en préservant l’élan populaire et la pulsation intérieure. L’album s’impose ainsi comme une porte d’entrée idéale dans l’univers de Moondog, révélant un créateur marginal devenu culte et la finesse d’un interprète qui en maîtrise autant l’esprit que la lettre.

Jean-Jacques Millo

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