Opus Haute Définition e-magazine

Gabriel Fauré

La Chanson d’Eve. Le Jardin Clos. Mélodies

Mireille Delunsch (soprano). Marie-Josèphe Jude (piano)

Lyrinx LYR 2257, Codaex Distribution

Super Audio CD hybride stéréo/multicanal

Avec « La chanson d’Eve » (1906-10) et « Le jardin Clos » (1914), cycle de mélodies, Gabriel Fauré tend de plus en plus vers une simplicité structurée et organisée qui sera pour ses dernières œuvres un véritable aboutissement. Car, comme le souligne justement Robert Orledge, « Fauré a le génie de la synthèse : il a réconcilié des éléments opposés comme la modalité et la tonalité, l’anxiété et la sérénité, la séduction et la force dans un style unique, non éclectique ». Et c’est bien ce qui fait tout le prix de ce nouvelle enregistrement DSD, dans lequel le piano de Marie-Josèphe Jude se fait à la fois, murmure, douceur et demeure, de bout en bout, dans une discrétion assumée, le point d’orgue d’une sérénité inquiète. Ainsi, la voix claire et précise de Mireille Delunsch peut s’épanouir et laisser la grâce de son timbre évoluer au cœur d’un univers fait d’élans passionnés retenus avec une rare finesse. Outre les deux cycles précités, le programme nous offre également « Poème d’un jour », trois mélodies datant de 1878 et les mélodies (Larmes, Au cimetière, Spleen, La Rose, Le parfum impérissable, Arpège) de 1891. Un SACD que l’on s’empressera de découvrir pour un approfondissement de l’œuvre d’un des compositeurs français les plus attachants.

Jean-Jacques Millo

With “La chanson d”Eve” (1906-10) and “Le jardin clos” (1914), a cycle of melodies, Gabriel Fauré went more and more towards a structured and organized simplicity which, for the final works, would be a crowning accomplishment. For, as rightly emphasizes Robert Orledge, “Fauré had a genius for synthesis: he reconciled opposing elements such as modality and tonality, anxiety and serenity, seduction and force, in a style that was unique and non-eclectic.” And that is exactly what makes worthwhile this new DSD recording in which, from beginning to end, Marie-Josèphe Jude’s piano murmurs sweetly and discretely, in vaunted discretion, culminating in a troubling serenity. The clear, precise voice of Mireille Delunsch can thus blossom, allowing the grace of her timbre to evolve in the heart of a universe made of passionate leaps retained with rare finesse. Beside the two above-cited cycles, the program also offers us “Poème d’un jour,” three melodies dating from 1878, and melodies (Larmes, Au cimetière, Spleen, La rose, Le parfum impérissable, Arpège) from 1891. This is an SACD one should hurry to discover in order to better know the work of one of France’s most endearing composers.

Translation Lawrence Schulman

Disponible surCodaex
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