Opus Haute Définition e-magazine

W. A. Mozart

L’enlèvement au sérail

T. Holtzmann, F. Araiza, E. Gruberova, R. Grist. Choeur et orchestre der Bayerischen Staatsoper, Karl Böhm (direction)

Deutsche Grammophon 00440 073 4075, Universal Distribution

DVD stéréo / DTS

Deutsche Grammophon ressort progressivement des spectacles de toute beauté. Après Les Noces de Figaro et La flûte enchantée notamment, voici un autre opéra de Mozart enregistré le 25 avril 1980 au Nationaltheater de Munich, avec les meilleurs chanteurs et chanteuses ou presque du moment. Tout d’abord, on ne peut que saluer la télévision allemande de l’époque qui proposait pareil spectacle en le retransmettant en direct, chose rare aujourd’hui contrairement à l’ambitieuse politique culturelle de la chaîne de ces temps (comme le remarque judicieusement la notice). Évidemment, cet Enlèvement ne saurait prétendre à la profondeur des opéras suivants de Mozart comme Cosi fan tutte, Don Giovanni ou La Flûte enchantée mais il est indéniable qu’il s’agit d’un opéra important amenant aux futurs chefs d’œuvres. Les décors mobiles de Max Bignens s’intègrent remarquablement à la mise en scène d’August Everding et renforce le côté théâtral et « artificiel » de cette version. La captation vidéo de Karlheinz Hundorf est soignée. Âgé alors de 86 ans, Karl Böhm offre une direction d’orchestre enlevée et pétillante. Mais le morceau de choix si j’ose dire est l’interprétation époustouflante d’Edita Gruberova dans le rôle de Constance et la présence très remarquée et remarquable de Martti Talvela dans celui d’Osmin. Tous d’ailleurs, Francisco Araiza en Belmonte, Reri Grist en Bloden, Norbert Orth en Pedrillo sont excellents et maîtrisent totalement leur art. Une réussite.

Yannick Rolandeau

Visuel