Amel Brahim-Djelloul, soprano franco-algérienne née à Alger, est une artiste singulière dont le parcours témoigne d’un dialogue fécond entre la tradition lyrique occidentale et les musiques du bassin méditerranéen. Initiée au violon dans son enfance, au sein d’une famille où la musique occupe une place essentielle, elle se tourne rapidement vers le chant et poursuit sa formation en France, d’abord à l’École nationale de musique de Montreuil, puis au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu’elle est révélée au grand public par Le Jardin des Voix, l’académie des Arts Florissants dirigée par William Christie, avant d’être distinguée comme Révélation lyrique aux Victoires de la Musique classique en 2007. Elle s’impose progressivement sur les grandes scènes françaises et internationales, explorant avec une remarquable aisance les répertoires baroque, classique et contemporain, tout en cultivant un intérêt profond pour les traditions musicales arabo-andalouses et les chants de ses origines. Avec « Les Chemins qui montent », la chanteuse entreprend un voyage intime vers la Kabylie, cette terre de mémoire dont les mélodies ont accompagné son enfance. En douze titres, Amel Brahim-Djelloul revisite un répertoire chargé d’histoire et d’émotion, empruntant aussi bien à Idir qu’à Djamel Allam, au groupe Djurdjura ou à Taos Amrouche. Les arrangements et compositions de Thomas Keck jouent un rôle essentiel dans cette entreprise artistique en offrant de nouvelles perspectives sonores. La soprano aborde ces chants avec la précision technique acquise dans l’univers de l’opéra, mais aussi avec une sensibilité qui privilégie la clarté du texte, la souplesse de la ligne mélodique et la sincérité de l’expression. Son timbre lumineux, son souffle maîtrisé et son art de la nuance permettent d’établir un pont entre les exigences du chant lyrique et la spontanéité expressive de la chanson traditionnelle. Réalisé avec l’Orchestre national de Cannes sous la direction de Benjamin Levy, l’ensemble acquière un nouveau souffle, une nouvelle ampleur où l’émotion omniprésente, qui émane de cet album, arrête le temps.
Amel Brahim-Djelloul, a Franco-Algerian soprano born in Algiers, is a unique artist whose career reflects a fruitful dialogue between Western operatic tradition and the music of the Mediterranean region. Introduced to the violin as a child in a family where music played a central role, she soon turned to singing and continued her training in France, first at the École nationale de musique de Montreuil, then at the Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Her career took a decisive turn when she was introduced to the general public by Le Jardin des Voix, the academy of Les Arts Florissants directed by William Christie, before being honored as “Opera Revelation” at the Victoires de la Musique Classique in 2007. She has gradually established herself on major French and international stages, exploring the Baroque, Classical, and contemporary repertoires with remarkable ease, while cultivating a deep interest in Arab-Andalusian musical traditions and the songs of her heritage. With “Les Chemins qui montent,” the singer embarks on an intimate journey to Kabylie, that land of memory whose melodies accompanied her childhood. Across twelve tracks, Amel Brahim-Djelloul revisits a repertoire rich in history and emotion, drawing inspiration from artists as diverse as Idir, Djamel Allam, the group Djurdjura, and Taos Amrouche. Thomas Keck’s arrangements and compositions play an essential role in this artistic endeavor by offering new sonic perspectives. The soprano approaches these songs with the technical precision honed in the world of opera, but also with a sensitivity that prioritizes clarity of text, fluidity of the melodic line, and sincerity of expression. Her luminous timbre, controlled breath, and artistry of nuance bridge the gap between the demands of operatic singing and the expressive spontaneity of traditional song. Recorded with the Cannes National Orchestra under the direction of Benjamin Levy, the album takes on a new vitality and depth, where the pervasive emotion emanating from it seems to stand time still.
Translation Lawrence Schulman Jean-Jacques Millo |