Opus Haute Définition e-magazine

Karl Goldmark. Jean-Sibelius

Concerto pour Violon. Œuvres pour violon et Orchestre

Sueye Park (violon). Rundfunk Sinfonieorchester Berlin. Valentin Egel (direction)

BIS 2782, Outhere distribution

Super Audio CD hybride stéréo/multicanal

Longtemps éclipsé par les figures plus imposantes de Brahms, Bruch ou Tchaïkovski, Karl Goldmark (1830-1915) connut pourtant de son vivant une réelle notoriété, notamment grâce à son opéra « La reine de Saba ». Son « Concerto pour violon et orchestre n° 1 » en la mineur op. 28, fut composé en 1877 et créé la même année à Brême, il précède de peu le Concerto de Brahms et celui de Tchaïkovski, avec lesquels il partage le climat romantique de son époque sans jamais se réduire à leur imitation. L’œuvre, en trois mouvements, est admirablement bien interprété par Sueye Park qui aborde cette partition avec clarté, souplesse et noblesse à la fois. Après cette vaste fresque romantique, Jean Sibelius (1865-1957) apparaît sous un jour très différent. Les « Deux mélodies sérieuses pour violon et orchestre » Op.77 de 1914-1915 possèdent une atmosphère quasi sacrée. Ce sont des pages où les phrasés de la violoniste se parent véritablement de vocalité. Les « Deux humoresques pour violon et orchestre » Op.87 de 1917-1918 offrent rythmes anguleux, brusques inflexions mélodiques, humour grinçant et couleurs orchestrales inattendues. Quant à la « Suite pour violon et orchestre à cordes » datant de 1929, affichant une simplicité de façade ne fut créée qu’en 1990, soit plus de six décennies après la mort du compositeur finlandais. On ressort de cette écoute avec une double impression, celle de redécouvrir un Goldmark injustement marginalisé, dont le Concerto mérite beaucoup mieux qu’une présence occasionnelle dans les programmes des violonistes, et celle de percevoir chez Sibelius une richesse de pensée qui ne se limite nullement aux symphonies et au grand Concerto de 1905. Une petite merveille à savourer sans modération.

Jean-Jacques Millo

Although long overshadowed by the more prominent figures of Brahms, Bruch, and Tchaikovsky, Karl Goldmark (1830–1915) nevertheless enjoyed considerable fame during his lifetime, particularly thanks to his opera “The Queen of Sheba.” His “Violin Concerto No. 1 in A minor, Op. 28” was composed in 1877 and premiered that same year in Bremen; it predates both Brahms’s and Tchaikovsky’s violin concertos by a short time, sharing the Romantic spirit of its era without ever merely imitating them. The three-movement work is admirably performed by Sueye Park, who approaches this score with clarity, flexibility, and nobility all at once. After this sweeping Romantic epic, Jean Sibelius (1865–1957) appears in a very different light. The “Two Serious Melodies for Violin and Orchestra,” Op. 77, from 1914–1915, possess an almost sacred atmosphere. These are pieces in which the violinist’s phrasing truly takes on a vocal quality. The “Two Humoresques for Violin and Orchestra,” Op. 87, from 1917–1918, feature angular rhythms, abrupt melodic inflections, dark humor, and unexpected orchestral colors. As for the “Suite for Violin and String Orchestra” from 1929, which displays a superficial simplicity, it was not premiered until 1990—more than six decades after the Finnish composer’s death. One comes away from this listening experience with a twofold impression: that of rediscovering an unjustly marginalized Goldmark, whose Concerto deserves far more than an occasional appearance in violinists’ programs; and that of perceiving in Sibelius a richness of thought that is by no means limited to his symphonies and the great Concerto of 1905. A little gem to be savored without moderation.

Translation Lawrence Schulman

Visuel