Né à Gand le 12 juillet 1802 dans une famille de musiciens, Karel Lodewijk Hanssens grandit dans un environnement où la pratique instrumentale et la vie orchestrale occupent une place essentielle. Son père, Joseph Hanssens, est musicien et chef d’orchestre, tandis que son entourage familial le met très tôt en contact avec les traditions musicales des théâtres belges et néerlandais. Enfant prodige, il joue du violoncelle dès son plus jeune âge et rejoint l’orchestre du théâtre d’Amsterdam, où son père exerce ses fonctions. Parallèlement à son activité d’instrumentiste, il développe rapidement des dispositions pour la composition, en grande partie grâce à un travail personnel approfondi et à l’étude des traités d’harmonie et de composition, notamment ceux d’Anton Reicha. Son œuvre est considérable, avec des symphonies, des ouvertures, des opéras, des ballets, de la musique chorale, des œuvres religieuses et de nombreux concertos. Parmi ses instruments solistes de prédilection, la clarinette occupe une place particulière, notamment grâce à ses relations avec des virtuoses tels que Frédéric Franck et Joseph Blaes. C’est précisément cette facette de son catalogue que l’enregistrement qui nous occupe ici entend réhabiliter, en réunissant cinq partitions composées entre 1836 et 1843, à une époque où la virtuosité instrumentale connaît un essor considérable et où la clarinette s’affirme comme un instrument soliste de premier plan. Ces pages possèdent suffisamment de personnalité, de fraîcheur mélodique et d’intérêt instrumental pour retenir l’attention des amateurs de clarinette comme des mélomanes curieux de découvertes.
Jean-Jacques Millo |