Opus Haute Définition e-magazine

The Leipzig Collegium Musicum

Vol.1 : Musique avant Bach

Neues Bachisches Collegium Musicum. Reinhard Goebel (direction)

Pentatone PTC 5187 592, Naxos

CD stéréo

Dans ce nouvel album, le chef et spécialiste de la musique baroque Reinhard Goebel, à la tête du Neues Bachisches Collegium Musicum Leipzig, nous invite à remonter le cours de l’histoire musicale pour retrouver l’effervescence artistique de Leipzig au début du XVIIIe siècle, avant que Jean-Sébastien Bach ne s’y impose comme l’une des figures majeures de la vie culturelle. Cet enregistrement entend redonner leur place à des compositeurs aujourd’hui moins fréquentés, mais qui contribuèrent activement à la richesse du paysage musical allemand. Le projet possède une véritable dimension historique, car les programmes joués par les différents Collegia Musica de Leipzig, ensembles réunissant notamment étudiants et musiciens professionnels autour de la musique instrumentale, ne sont que partiellement documentés pour les années précédant l’arrivée de Bach. Reinhard Goebel propose donc une reconstitution plausible de cet univers sonore, en réunissant six compositeurs aux personnalités et aux écritures contrastées, comme Johann Beer (1655-1700), Johann David Heinichen (1683-1729), Johann Friedrich Fasch (1688-1758), Georg Melchior Hoffmann (1679-1715), Christoph Graupner (1683-1760) et Georg Philipp Telemann (1681-1767). L’ensemble, Neues Bachisches Collegium Musicum Leipzig, fondé en 1979 par des membres de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, possède une longue expérience de ce répertoire et une identité sonore qui associe rigueur instrumentale et sens du mouvement. La prise de son sert efficacement les équilibres entre les pupitres et restitue les détails de l’écriture sans donner à l’ensemble une sécheresse excessive. L’album nous rappelle avant tout que la vie musicale de Leipzig était déjà riche, inventive et ouverte à de multiples influences avant l’arrivée du Kantor en 1723. En réunissant des ouvertures et des concertos parfois rares, Reinhard Goebel accomplit ainsi un travail de redécouverte précieux. Ce premier volume constitue donc une invitation convaincante à élargir notre connaissance du baroque allemand, à dépasser la hiérarchie habituelle des compositeurs et à écouter autrement une période dont la fécondité ne saurait être réduite à la seule figure de Bach.

Jean-Jacques Millo

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