Le parcours d’Anders Hillborg (né en 1954) en Suède est à lui seul révélateur d’une personnalité artistique peu soucieuse des frontières entre les genres, puisqu’il commence la musique par le chant choral, pratique ensuite le clavier dans un groupe de pop improvisée, expérience qui nourrit son intérêt précoce pour l’électronique, avant d’étudier de 1976 à 1982 la composition, le contrepoint et la musique électronique au Royal College of Music de Stockholm auprès notamment de Gunnar Bucht, Lars-Erik Rosell, Arne Mellnas et Pär Lindgren, tout en étant profondément marqué par les interventions de Brian Ferneyhough et par la découverte de György Ligeti. Son catalogue témoigne d’une fascination constante pour les timbres hybrides, les métamorphoses de la matière sonore, les tensions entre consonance et dissonance et la possibilité de faire surgir des impressions presque électroniques à partir d’instruments acoustiques. Sa musique demeure immédiatement identifiable par une écriture extrêmement physique, rythmique, colorée et volontiers spectaculaire. C’est ce que nous retrouvons dans cette nouvelle parution, avec, au programme, le « Concerto pour piano N°1 de 2001, révisé en 2005, « Kongsgaard Variations » de 2006, dans la version pour orchestre à cordes, datant de 2021, « Vaporised Tivoli » de 2010 et le « Concerto pour Violoncelle N°1 » de 2020. Une musique exigeante, mais terriblement envoûtante qui ne peux laisser indifférent. Bref, un SACD copieux (plus de 82 minutes) à la prise de son exemplaire.
Jean-Jacques Millo |