Ce SACD, réunissant les Symphonies n°3 et n°8 d’Allan Pettersson (1911-1980) par le Norrköping Symphony Orchestra sous la direction de Christian Lindberg, constitue l’un des jalons les plus marquants de l’intégrale Pettersson entreprise depuis plus de quinze ans par ces interprètes. La Huitième Symphonie (1968-69), en deux parties, œuvre emblématique du compositeur, s’impose ici comme une vaste fresque existentielle où les célèbres « mélodies sans fin » de l’auteur se déploient avec une tension narrative exceptionnelle. L’orchestre suédois, familier de cet univers depuis de nombreuses années, répond avec précision aux directives du chef d’orchestre, notamment dans les épisodes les plus complexes où cuivres, percussions et cordes s’entrelacent en une matière sonore d’une densité impressionnante. La prise de son SACD, ample et détaillée, contribue largement à la réussite de l’entreprise en préservant à la fois la puissance des climax et la transparence des textures. La Troisième Symphonie (1954-55), en quatre mouvements, plus précoce et moins représentative du langage tardif du compositeur, révèle sous cette baguette inspirée des qualités souvent sous-estimées. L’association de ces deux partitions, offre un panorama particulièrement éclairant de l’évolution artistique de Pettersson. Une musique exigeante, certes, mais que l’on appréciera au fil d’une écoute répétée.
Jean-Jacques Millo |