Avec ce sixième volume de la collection Schubert+ consacré à l’univers schubertien et à ses résonances chez les compositeurs qui lui succédèrent, le pianiste turc Can Cakmur poursuit une démarche originale où le récital devient essai esthétique. Le programme associe la « Sonate en ré majeur » D.850 de Franz Schubert (1797-1828), en quatre mouvements, aux « Waldszenen » op. 82 et aux trois « Phantasiestücke » op. 111 de Robert Schumann (1810-1856), proposant ainsi une réflexion sur le naturalisme romantique allemand, thème central développé par le pianiste dans sa conception de l’album. Ce dernier confirme les qualités qui ont fait la réputation du pianiste, notamment un sens de la forme, une sonorité raffinée jamais démonstrative, une articulation limpide et une capacité à conjuguer rigueur analytique et spontanéité poétique. Loin des lectures emphatiques ou excessivement sentimentales du romantisme allemand, Can Cakmur privilégie la respiration du discours musical et la logique interne des œuvres, faisant apparaître les liens esthétiques qui unissent Schubert et Schumann. Bref, un sixième SACD, à la prise de son exemplaire signée Ingo Petry, remarquable de probité et de cohérence artistique.
Jean-Jacques Millo |