« The Voice of the Beloved » s’impose d’emblée comme l’un des meilleurs disques de ce début d’année. La cohérence du programme, l’excellence de l’interprétation et la qualité de la prise de son convergent vers une expérience d’écoute remarquable. Le Netherlands Radio Choir, dirigé par Benjamin Goodson, y explore trois visions majeures de la spiritualité chorale du XXᵉ siècle, avec Frank Martin (1890-1974), Jean Yves Daniel Lesur (1908-2002) et Olivier Messiaen (1908-1992). Trois écritures très différentes, mais un même fil conducteur, celui de la voix humaine. « La Messe pour double chœur a cappella » de Frank Martin, ouvre le programme et déploie son architecture souveraine. Le chef de choeur obtient de son ensemble une fusion vocale exemplaire, mais surtout une intelligence du texte qui éclaire la spiritualité très personnelle du compositeur suisse. Puis vient « Le Cantique des cantiques » de Daniel Lesur, cycle où la sensualité biblique se mêle à une écriture chorale d’une sophistication envoûtante. Les pièces brèves scintillent d’une délicatesse presque impressionniste, tandis que les élans plus ardents révèlent une sensualité mystique. En conclusion, « O sacrum convivium » de Messiaen, miniature devenue emblématique, agit comme un point de convergence spirituelle. Tout concourt à une impression de recueillement absolu, comme si le chœur retenait le temps. Voici donc trois partitions, trois sensibilités, mais une même quête d’absolu.
Jean-Jacques Millo “The Voice of the Beloved” immediately stands out as one of the best albums of the year so far. The coherence of the program, the excellence of the performance, and the quality of the recording combine to create a remarkable listening experience. The Netherlands Radio Choir, conducted by Benjamin Goodson, explores three major visions of 20th-century choral spirituality, with Frank Martin (1890-1974), Jean Yves Daniel Lesur (1908-2002), and Olivier Messiaen (1908-1992). Three very different compositions, but with a common thread: the human voice. Frank Martin’s “Mass for Double Choir a Cappella” opens the program and displays its majestic architecture. The choir director elicits an exemplary vocal fusion from his ensemble, but above all an understanding of the text that illuminates the Swiss composer’s very personal spirituality. Next comes Daniel Lesur’s “Le Cantique des cantiques,” a cycle in which biblical sensuality blends with choral writing of captivating sophistication. The short pieces sparkle with an almost impressionistic delicacy, while the more ardent passages reveal a mystical sensuality. In conclusion, Messiaen’s “O sacrum convivium,” a miniature that has become emblematic, acts as a spiritual focal point. Everything contributes to an impression of absolute contemplation, as if the choir were holding back time. Here, then, are three scores, three sensibilities, but the same quest for the absolute. Translation Lawrence Schulman |