Opus Haute Définition e-magazine

Alexandre Scriabine

Le Poème de l’Extase. Prometheus.

Yevgeny Sudbin (piano). Singapore Symphony Orchestra. Lan Shui (direction)

BIS 2362, Outhere distribution

Super Audio CD hybride stéréo/multicanal

" Représentant typique du symbolisme en musique, adepte des doctrines mystiques dérivées des philosophies orientales (très répandues en Russie et dans l’Europe de cette époque), Alexandre Scriabine (1872-1915) cherche à atteindre dans sa musique les limites de la densité sonore et de ses possibilités expressives, afin de créer un état d’extase spirituelle et esthétique, souligne André Lischke. Les critiques et le scepticisme que ces idées ont pu susciter ne doivent pas faire oublier qu’elles sont indissociables de l’évolution de son style. Ayant toujours refusé, en revanche, le recours au folklore, Scriabine apparaît, aux cotés de ses confrères nationalistes, comme "une autre façon d’être russe". Bien que n’ayant pas formé de disciple directs, il n’a pas moins annoncé directement l’univers sonore du XXème siècle". Ce SACD, à la remarquable prise de son en multicanal et en stéréo, offre trois œuvres emblématiques du compositeur russe. "Le Poème de l’Extase" Op.54 de 1907, "Prometheus" Le poème du Feu Op.60 datant de 1909-19010 pour piano, chœur et orchestre, et la Sonate pour piano N°5 Op.53 de 1907. Lan Shui dirige ici le Singapore Symphony Orchestra, et fait montre d’une belle maîtrise de la mise en place et des plans sonores. Le jeu pianistique de Yevgeny Sudbin se fond parfaitement à cette vision, pour un enregistrement tout simplement admirable.

Jean-Jacques Millo

“Typical representative of symbolism in music, adept of the mystical doctrines derived from Oriental philosophies (very popular in Russia and Europe at the time), Alexandre Scriabin (1872-1915) tried in his music to reach the limits of sonic density and of his expressive possibilities in order to create a state of spiritual and esthetic ecstasy,” states André Lischke. “The criticism and skepticism that these ideas provoked mustn’t allow one to forget that they are indissociable from the evolution of his style. Having always refused, however, to resort to folklore, Scriabin, alongside his nationalist colleagues, comes across as “another way of being Russian.” Although he didn’t create any direct disciples, he nonetheless was the direct precursor of the sonic universe of the 20th century.” This SACD, with its remarkable multichannel and stereo sound, offers three emblematic works by the Russian composer. “The Poem of Ecstasy” Op.54 from 1907, “Prometheus” The Poem of Fire Op.60 dating from 1909-1910 for Piano, Chorus and Orchestra, and the Sonata for Piano N°5 Op.53 from 1907. Lan Shui here conducts the Singapore Symphony Orchestra and displays fine mastery of the placing of the sound layers. The piano playing by Yevgeny Sudbin fits perfection into this vision for a recording that is quite simply admirable.

Translation Lawrence Schulman

Visuel