Opus Haute Définition e-magazine

Hugo Kaun

Musique de Chambre

Berolina Ensemble

MDG 948 1937.6, Socadisc Distribution

Super Audio CD hybride stéréo/multicanal

Le compositeur allemand Hugo Kaun (1863-1932) fait partie de ces artistes oubliés par l’histoire. C’est fort dommage, car ses compositions valent véritablement le détour. Dans un champ élargie d’inspiration, ce dernier écrivit une musique décrite de la façon suivante par Georg Richard Kruse en 1909 : « Au début, comme s’il cherchait le bon chemin, nous voyons le compositeur s’attarder auprès de Schumann et Brahms, puis un peu après de Richard Wagner, et suivre ensuite son propre chemin, sur lequel il se dirige vers Bach et Beethoven. La parole magique qui l’accompagne, et lui a permis de toucher le cœur des auditeurs, est mélodie. Car, au-delà de son immense technique, qui se manifeste dans une écriture contrapuntique rigoureuse et extrêmement libre, des renversements symétriques, l’utilisation des anciens modes ecclésiastiques, de cadences évitées, d’accords altérés, d’une harmonie vraiment audacieuse, de rythmes complexes et d’une polyphonie foisonnante, il a le don d’exprimer, avec une véritable profondeur, par sa façon de conduire la mélodie – qui n’est d’ailleurs pas toujours apparent – les différents mouvements de l’âme, qui permet à ses œuvres de pénétrer d’autres sphères ». L’Ensemble Barolina propose ici trois œuvres de sa musique de chambre, le Quinette pour piano, deux violons, alto et violoncelle Op.39, l’Octuor pour clarinette, cor, basson, deux violons, alto, violoncelle et double basse Op.26, ainsi que le Quintette pour deux violons, alto et deux violoncelles Op.28. Tout cela est magnifiquement défendu par des artistes fervents, sachant communiquer leur passion pour des œuvres oubliées ou méconnues. A écouter sans tarder…

Jean-Jacques Millo

The German composer Hugo Kaun (1863-1932) is one of those forgotten artists of history. This is a great pity, for his compositions are truly worth the detour. Highly inspired, he wrote music described in the following way by Georg Richard Kruse in 1909: “In the beginning, in that he was finding his way, we see the composer find inspiration in Schumann and Brahms, then after that in Richard Wagner, and then find his own way, going towards Bach and Beethoven. The magic word which accompanied him, and allowed him to touch the heart of listeners, is melody. For, beside his immense technique, which manifests itself in rigorous and extremely free counter-punctual writing, his symmetrical reversals, the use of ancient ecclesiastic modes, avoided cadences, altered accords, truly audacious harmony, complex rhythms and abundant polyphony, he had the talent to express, with great depth, by his way of directing the melody – which is not always apparent – the different movements of the soul, which allow his works to penetrate other spheres.” The Ensemble Barolina here proposes three works of chamber music, the Quintet for piano, two violins, alto and cello Op.39, the Octet for clarinet, horn, bassoon, two violins, alto, cello, and double bass Op.26, as well as the Quintet for two violins, alto, and two cellos Op.28. All this is magnificently played by fervent artists who know how to communicate their passion for works that are forgotten or little-known. Here is a disc to listen to pronto…

Translation Lawrence Schulman

Visuel