Opus Haute Définition e-magazine

S. Rachmaninov

Symphonie n° 2. Caprice Bohémien

Novosibirsk Academic Symphony Orchestra, Arnold Kats (direction)

Audite 92 558, Intégral Distribution

Super Audio CD hybride stéréo/multicanal

La seconde symphonie de Rachmaninov est l’exemple d’une inspiration créatrice indéniable qui se poursuivra avec notamment le troisième concerto pour piano. En 1908, l’année de sa création, le langage musical du compositeur témoigne d’un épanouissement certain. Moins égocentrique, il est : « Incomparablement plus riche, plus dense et plus mûr que celui de la première symphonie. Les conflits personnels y sont réduits au profit d’une ampleur narrative à laquelle on a pu reprocher, à juste titre, sa prolixité, mais dont le souffle épique s’apparente à Borodine ou à Sibelius ». Rarement enregistré, le poème symphonique Caprice Bohémien est, quant à lui, une œuvre de jeunesse. A dix neuf ans, Rachmaninov laisse sa verve romantique s’épanouir dans un style où l’ombre de TchaÏkovski est omniprésente. Dirigeant l’orchestre symphonique russe de l’académie de Novosibirsk, Arnold Kats, son chef titulaire, s’empare de la vaste partition de son compatriote avec une belle énergie et des options interprétatives intéressantes. Avec une lecture analytique mettant en avant certains pupitres au détriment de celui des cordes, Kats surprend et capte l’attention jusqu’à la dernière mesure de l’œuvre. Malheureusement, l’orchestre n’est pas sans reproche et ne brille pas par la beauté de ses couleurs. Mais le plus redoutable, dans cet enregistrement pourtant digne d’intérêt, est la prise de son. Etriquée, corsetée, sans profondeur, cette dernière est tout juste digne d’un CD passable. A quoi bon faire un Super Audio CD quand la fréquence d’échantillonnage ne dépasse pas celle du CD ? Pour le multicanal ? Mais est-ce réellement suffisant ? J’en doute…

Jean-Jacques Millo

Disponible surIntegralmusic.fr
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