Opus Haute Définition e-magazine

R. Wagner

Siegfried

Mario Hoff, Tomas Möwes, Johnny van Hall, Frieder Aurich, Catherine Foster. Staatskapelle Weimar. Carl St Clair (dir)

Arthaus Musik 101358, Intégral Distribution

Blu-ray disc. Dolby TrueHD. DTS

La mise en scène de Michael Schulz, les décors de Dirk Becker, les costumes de Renée Listerdal, tout concours à créer un spectacle décalé, et donc à opérer une fracture radicale entre l’opéra "contemporainisé" et celui auquel on peut s’attendre en allant écouter le fameux Siegfried de Richard Wagner. Evidemment. Mais justement le travail de sape du metteur en scène est de faire dans l'énorme, le trivial, le grotesque afin de faire parler de lui (sous le fallacieux prétexte de faire dans l'originalité et le moderne évidemment afin que cela ne se voit pas) ! On reste tout aussi perplexe que dans les deux autres précédents volets de la Tétralogie. Ici aussi l'on assiste à telle scène délirante n'ayant rien à voir avec l'opéra de Wagner ; ici aussi, il y a des costumes bizarroïdes, post-punk et des accessoires fort inattendus style ce grand nounours ; voilà un peu ce à quoi l'on peut assister ou ce à quoi l'on peut s'attendre avec un tel opéra actualisé à la sauce post-moderne pour faire bien et dans le vent. Cela devient tellement habituel de nos jours que l'on en prend l'habitude et que le truc devient le nouvel académisme. Le chef d'orchestre Carl St Clair ne s'en sort pas trop bien non plus face à une telle partition qui demande plus de coffre qu'une vague et molle direction. Et les chanteurs et les chanteuses peinent à donner un souffle à tout ce gros gâteau. Certes, pourquoi tant d'argent pour un tel spectacle que l'on a envie d'oublier juste après l'avoir vu... Ah ça....

Yannick Rolandeau

Disponible surIntegralmusic.fr
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